Une personne utilise un défibrillateur semi automatique sur un adulte allongé au sol.
Publié le 28 octobre 2026

Face à une personne qui s’effondre et ne respire plus, chaque minute compte. Le défibrillateur semi-automatique (DSA) a été conçu pour qu’un témoin sans formation médicale puisse agir : il analyse seul le rythme cardiaque, décide si un choc est nécessaire et guide vocalement chacun de vos gestes. Votre rôle tient en quelques actions simples : alerter, allumer l’appareil, poser les électrodes, écouter les consignes, masser.

Cet article présente le protocole d’utilisation du DSA chez l’adulte, puis les adaptations nécessaires pour l’enfant et le nourrisson. L’objectif est de vous aider à intervenir rapidement et sans hésitation, car la rapidité de la prise en charge est essentielle en cas d’arrêt cardiaque.

Réponse directe : Appelez le 15 ou le 112 dès que vous constatez que la victime est inconsciente et ne respire pas normalement. Commencez immédiatement le massage cardiaque et demandez à une autre personne d’apporter un DSA si possible. Allumez l’appareil, placez les électrodes sur le torse nu selon le schéma indiqué et suivez les consignes vocales. Écartez-vous pendant l’analyse et délivrez le choc si l’appareil le demande. Reprenez immédiatement le massage cardiaque après le choc ou si aucun choc n’est recommandé.

Comment fonctionne un défibrillateur semi-automatique et pourquoi agir vite ?

Un défibrillateur semi-automatique est un appareil portable qui analyse l’activité électrique du cœur d’une victime inconsciente et délivre, si nécessaire, un choc électrique pour tenter de rétablir un rythme cardiaque efficace. Sa particularité : il parle. Dès son allumage, une voix synthétique vous dicte la marche à suivre, étape par étape. Vous n’avez pas à décider si un choc est pertinent, l’appareil s’en charge.

La différence avec un défibrillateur entièrement automatique (DAE automatique) tient à un seul geste : le DSA vous demande d’appuyer sur un bouton lumineux pour délivrer le choc, tandis que le modèle entièrement automatique le délivre seul après avertissement sonore. Dans les deux cas, l’analyse du rythme et la décision du choc restent assurées par la machine.

Pour comparer les fonctionnalités, les caractéristiques techniques et les conditions d’utilisation des différents modèles, il est utile de s’intéresser aux équipements disponibles sur le marché. Retrouvez une présentation des défibrillateurs DSA disponibles chez Le-Défibrillateur.com pour mieux comprendre le fonctionnement de ces appareils et identifier les critères à prendre en compte lors de leur choix.

10 % par minute

Baisse estimée des chances de survie à un arrêt cardiaque pour chaque minute perdue avant la prise en charge, selon la Fédération Française de Cardiologie.

Selon la Fédération Française de Cardiologie, les chances de survie diminuent rapidement en l’absence de prise en charge. Chaque minute écoulée sans intervention réduit les chances de survie, ce qui souligne l’importance d’une réaction immédiate. Un témoin qui donne l’alerte, commence le massage cardiaque et utilise un défibrillateur dès qu’il est disponible contribue à améliorer les chances de survie de la victime. Le DSA analyse le rythme cardiaque et ne recommande un choc que lorsqu’il détecte un rythme défibrillable.

Les gestes essentiels avant la mise en route du défibrillateur

La première étape n’est pas de courir chercher le DSA, mais de sécuriser et d’alerter. Trois actions se succèdent dans un ordre non négociable : protection, alerte, vérification de l’état de la victime. Sauter l’une d’elles expose au risque d’intervenir dans un environnement dangereux ou de retarder l’arrivée des secours spécialisés.

Une personne vérifie l'état d'un adulte inconscient dans un couloir de bureau.
Avant de mettre en route le DSA, vérifier la conscience et la respiration reste la première étape indispensable.
Avant d’ouvrir le défibrillateur : la séquence à suivre
  1. Protéger la zoneÉcartez tout danger immédiat (circulation, flaque d’eau, source électrique) avant d’approcher la victime. Vous ne devez jamais devenir vous-même une seconde victime.
  2. Alerter les secoursComposez le 15 (SAMU) ou le 112 (numéro européen d’urgence). Si vous êtes seul, activez le haut-parleur pour continuer à agir. Si une autre personne est présente, déléguez l’appel et l’acheminement du DSA.
  3. Vérifier la conscienceSecouez doucement les épaules et parlez fort à la victime. Aucune réaction ? Passez à l’étape suivante.
  4. Vérifier la respirationBasculez prudemment la tête en arrière, soulevez le menton, puis observez 10 secondes maximum : mouvements du thorax, bruit, souffle sur votre joue. Absence de respiration ou respiration anormale (gasps) : la victime est en arrêt cardiaque.
  5. Préparer la victimeAllongez-la sur le dos, sur une surface ferme. Dégagez entièrement le torse en coupant ou en écartant les vêtements. Essuyez rapidement la peau si elle est mouillée.

Dès que l’arrêt cardiaque est identifié, demandez à une personne présente d’apporter un DSA si possible. Dans un établissement recevant du public, l’appareil est généralement signalé par un pictogramme représentant un cœur avec un éclair. Sans attendre son arrivée, commencez immédiatement le massage cardiaque : effectuez 30 compressions au centre du thorax, à un rythme de 100 à 120 par minute et sur une profondeur de 5 à 6 cm chez l’adulte.

Comment utiliser un DSA sur un adulte : étape par étape

Dès que le DSA est à portée de main, allumez-le et laissez-vous guider. L’appareil énonce les consignes à voix haute, dans l’ordre à suivre. Votre seule mission consiste à exécuter ce qu’il demande, calmement, sans anticiper.

Protocole d’utilisation du DSA sur un adulte
  1. Allumer l’appareilAppuyez sur le bouton marche ou ouvrez simplement le couvercle selon le modèle. Écoutez attentivement les premières instructions vocales.
  2. Préparer les électrodesSortez les électrodes adultes de leur emballage. Retirez le film protecteur pour exposer la face autocollante.
  3. Positionner les électrodesCollez une électrode juste sous la clavicule droite, contre le bord droit du sternum, et l’autre sur le côté gauche du thorax, sous l’aisselle. Le schéma de positionnement est indiqué sur les électrodes ou leur emballage.
  4. Brancher le connecteurInsérez le câble des électrodes dans la prise de l’appareil si cela n’est pas déjà fait. Certains modèles sont préconnectés.
  5. Laisser l’appareil analyserLe DSA annonce « analyse en cours, ne touchez pas la victime ». Reculez légèrement les mains, demandez à tout le monde de s’écarter. L’analyse dure quelques secondes.
  6. Délivrer le choc si demandéSi l’appareil recommande un choc, il vous invitera à appuyer sur le bouton lumineux prévu à cet effet. Avant de déclencher le choc, vérifiez que personne ne touche la victime. Appuyez ensuite sur le bouton lorsque l’appareil vous y invite.
  7. Reprendre le massage cardiaqueImmédiatement après le choc, ou si l’appareil annonce « aucun choc indiqué », reprenez le massage cardiaque sans délai : 30 compressions puis 2 insufflations si vous êtes formé, ou massage continu sinon. L’appareil relancera une analyse toutes les deux minutes environ.

Erreurs fréquentes à éviter : ne pas poser les électrodes sur un torse humide (essuyez-le d’abord), ne pas les coller par-dessus un vêtement fin, décaler légèrement la pose si la victime est très poitrinée pour que l’électrode gauche se place bien sous l’aisselle, et ne jamais toucher la victime pendant l’analyse ou au moment du choc.

Laissez les électrodes en place et le DSA allumé jusqu’à l’arrivée des secours, même si la victime semble reprendre conscience. L’appareil continuera d’analyser le rythme cardiaque et vous indiquera les actions à effectuer.

Quelles spécificités pour l’enfant et le nourrisson ?

Chez l’enfant, l’utilisation d’un DSA est recommandée en cas d’arrêt cardiaque, avec des électrodes pédiatriques ou un dispositif d’atténuation de l’énergie lorsqu’ils sont disponibles. Chez le nourrisson, la prise en charge doit tenir compte de son âge et des recommandations spécifiques de réanimation pédiatrique. En l’absence de matériel pédiatrique, il est important de suivre les instructions du régulateur des secours et les consignes de l’appareil, sans retarder les gestes de réanimation.

Selon la ressource pédagogique Sofia-Médicalistes consacrée aux indications pédiatriques du défibrillateur, « les DAE sont sûrs et efficaces lorsqu’ils sont utilisés chez l’enfant de plus d’un an ». L’usage d’électrodes pédiatriques ou d’un atténuateur d’énergie est recommandé lorsqu’il est disponible.

Adaptation du DSA et du massage selon l’âge de la victime
Critère Adulte Enfant Nourrisson
Type d’électrodes Adultes Pédiatriques si disponibles, sinon adultes Matériel adapté à la prise en charge pédiatrique, selon les recommandations et les consignes des secours
Mode de l’appareil Mode standard Mode enfant ou atténuateur d’énergie si disponible Selon le matériel disponible et les consignes des secours
Positionnement Antérolatéral : sous la clavicule droite et sur le côté gauche du thorax Antéropostérieur si le poids est inférieur à 25 kg ; antérolatéral à partir de 25 kg Antéropostérieur : une électrode sur le thorax et l’autre dans le dos
Massage cardiaque Deux mains, 5 à 6 cm de profondeur Une ou deux mains selon la morphologie, environ 1/3 de l’épaisseur du thorax Technique d’encerclement du thorax avec les deux pouces, environ 1/3 de l’épaisseur du thorax

Pas d’électrodes pédiatriques ? : En l’absence d’électrodes adaptées, des électrodes adultes peuvent être utilisées chez l’enfant lorsque le défibrillateur est le seul matériel disponible. Si leur taille risque de provoquer un contact entre les deux électrodes, privilégiez un positionnement antéropostérieur, avec une électrode au milieu du thorax et l’autre dans le dos. Suivez toujours le schéma fourni par le fabricant et les instructions de l’appareil.

Le reste du protocole de défibrillation suit la même logique que chez l’adulte : allumer l’appareil, poser les électrodes, laisser analyser le rythme et délivrer un choc si nécessaire. Chez l’enfant et le nourrisson, les recommandations de réanimation pédiatrique prévoient cinq insufflations initiales pour les intervenants formés au PBLS, puis une alternance de 15 compressions pour 2 insufflations. Pour les témoins non formés, le ratio de 30 compressions pour 2 insufflations est retenu, avec des compressions seules si les insufflations ne peuvent pas être réalisées.

Formation, équipement et maintenance du défibrillateur

Oui, vous avez le droit d’utiliser un DSA sans formation médicale. La réglementation française autorise toute personne, même non médecin, à employer un défibrillateur automatisé externe. Mais entre « avoir le droit » et « agir sans hésiter », une courte formation fait toute la différence.

La formation PSC (Premiers secours citoyen, anciennement PSC1) permet d’apprendre les principaux gestes de premiers secours, notamment l’utilisation d’un DAE. Elle est proposée par différents organismes de formation et de secours, comme la Croix-Rouge française, la Protection civile ou les unions départementales de premiers secours. Une remise à niveau régulière permet de conserver les bons réflexes.

Des participants s'entraînent au massage cardiaque sur mannequin avec un défibrillateur de formation.
Se former régulièrement permet d’agir sans hésitation et d’utiliser un DSA en confiance le jour venu.
 

Côté équipement, le décret du 19 décembre 2018 prévoit une obligation d’équipement en défibrillateur automatisé externe pour certaines catégories d’établissements recevant du public (ERP), selon leur catégorie et leur activité. Les obligations concernent les ERP des catégories 1 à 4 ainsi que certaines catégories d’ERP de catégorie 5. L’exploitant de l’établissement est responsable de la maintenance du défibrillateur et de ses accessoires, conformément aux recommandations du fabricant.

Checklist de maintenance d’un DSA accessible au public

  • Vérifier chaque mois le témoin lumineux de bon fonctionnement.
  • Contrôler la date de péremption des électrodes (généralement 2 à 5 ans).
  • Surveiller l’état de charge et la durée de vie de la batterie selon les indications du fabricant.
  • Disposer d’un jeu d’électrodes pédiatriques si l’ERP accueille du jeune public.
  • Déclarer l’appareil sur la base nationale Géo’DAE pour qu’il soit visible des secours.
Questions fréquentes sur l’utilisation d’un DSA
Peut-on faire du mal à une victime avec un DSA ?

Non. Le DSA n’autorise un choc que lorsqu’il détecte un rythme réellement défibrillable (fibrillation ventriculaire ou tachycardie ventriculaire sans pouls). Sur une personne consciente ou dont le cœur bat normalement, l’appareil annonce « aucun choc indiqué » et refuse de délivrer la décharge.

Que faire si la victime porte un stimulateur cardiaque ou un patch médicamenteux ?

Placez l’électrode à au moins 8 cm d’un boîtier de pacemaker visible sous la peau (petit renflement sous la clavicule). En présence d’un patch médicamenteux sur la zone de pose, retirez-le avec un chiffon et essuyez la peau avant de coller l’électrode.

Et si la victime commence à bouger ou vomit après le choc ?

Si la victime recommence à bouger ou vomit, vérifiez si elle respire normalement. Si elle est inconsciente mais respire normalement, placez-la en position latérale de sécurité, sauf contre-indication liée à un traumatisme. Laissez les électrodes en place et le DSA allumé. Surveillez sa respiration jusqu’à l’arrivée des secours. Si elle ne respire plus normalement, reprenez immédiatement le massage cardiaque en suivant les consignes du défibrillateur.

Faut-il utiliser le DSA sur une femme enceinte ?

Oui, le protocole est identique à celui d’un adulte. La défibrillation n’est pas dangereuse pour le fœtus, et sauver la mère reste la meilleure chance de sauver l’enfant à naître.

La peur de « mal faire » peut empêcher un témoin d’intervenir face à un arrêt cardiaque. Pourtant, chaque geste compte : donner l’alerte, commencer le massage cardiaque et utiliser un DSA dès qu’il est disponible peuvent améliorer les chances de survie de la victime. Conçu pour guider l’utilisateur à chaque étape, le DSA facilite l’intervention en attendant l’arrivée des secours professionnels.

Rédigé par Lucas Fontaine, auteur dédié au décryptage des consignes de sécurité, à l'audit des risques d'intoxication ou de chute à domicile et à la promotion des gestes qui sauvent.